Scénarios 2025 de l’IoT

Si les marchés industriels de l’IoT se développent rapidement (avec des volumes logiquement faibles), via des optimisations des coûts et des processus, les marchés grand public éprouvent encore des difficultés. Plusieurs scénarios prospectifs sont envisageables selon le niveau de confiance numérique et la capacité à monétiser les services et les données.

La confiance et le modèle économique sont les différenciateurs

Le niveau de confiance numérique et la capacité de monétisation, les deux grandes variables de construction des scénarios de développement du marché de l’IoT grand public, sont susceptibles d’évoluer assez radicalement. La confiance, aujourd’hui plutôt faible, constitue un frein majeur pour ces marchés. Les données collectées sont nettement plus sensibles que les données Web : le piratage pourrait engendrer une perte de contrôle d’un objet, le rendant alors inefficace, voire dangereux. La confiance pourrait s’accroître en intégrant des solutions de sécurité et en bénéficiant d’un cadre réglementaire plus protecteur (voire plus contraignant). L’autre grand frein est le coût des objets, qui reste élevé car l’essentiel des revenus provient du matériel. Les données collectées sont utilisées essentiellement à but interne, et les services (y compris de tiers) sont rarement payants. Un changement de modèle économique, basé plus sur le service, permettrait une massification des usages. Mais il ne sera possible qu’avec la mise en place de solutions offrant une interopérabilité des objets, permettant ainsi à des tiers de proposer des services ou d’exploiter les données.

L’évolution sans rupture autour d’objets gadgets et d’objets premium

Sans changement autour de ces deux paramètres, le scénario de continuité avec le monde actuel serait celui d’un monde de gadgets (à terme essentiellement chinois) vus comme des accessoires des smartphones, avec des fonctions relativement basiques et des services gratuits disponibles via des applications. L’autre scénario de continuité concerne les rares situations où la confiance est plutôt forte, grâce à un haut niveau de sécurisation, souvent renforcée par la mise en place d’un environnement technique propriétaire, sans pour autant atteindre une monétisation majeure des services. Il s’agit alors d’objets connectés premium, sur le modèle d’Apple pour les smartphones.

La rupture par le service humain ou l’automatisation et l’interconnexion

Deux scénarios de rupture sont envisageables, caractérisés par une réelle mise en œuvre de modèles basés sur le service. Le premier d’entre eux verrait le marché se concentrer sur des usages spécifiques autour de machines lourdes ou complexes à utiliser, pour lesquelles l’IoT apporte une rupture majeure en termes financiers ou d’usage (au-delà de la simple remontée de données). Pour pallier le faible niveau de confiance, les usagers se tournent vers des fournisseurs proposant une assistance humaine. Le second scénario, plus futuriste, verrait l’ensemble des objets connectés via des plateformes d’orchestration de services. Les plateformes proposeraient alors elles-mêmes l’essentiel des technologies nécessaires (intelligence artificielle, sécurité), pour ensuite valoriser les données collectées et/ou servir d’intermédiaires pour les services de tiers.

 
Quatre scénarios disruptifs pour les objets connectés
Illustration des scénarios IoT en fonction des incertitudes clés
Low trust in digital High trust in Digital
Low-earning services Smartphone adjunct and/or gadget
(e.g.: bracelet)
Premium product
(e.g.: iPhone, NetAtmo)
High-earning services Coaching
e.g.: sports room)
Service orchestration
(e.g.: Amazon Alexa)
Source : IDATE DigiWorld from DGE-PICOM-Ministry of Sport
 
Le modèle gagnant ne passe pas toujours par les services
Évolution de la répartition des ventes nettes d'Apple, 2014-2016