Le futur de l’audiovisuel

S’appuyant sur une combinaison d’hypothèses liées aux usages, à l’offre, à la technologie, à la monétisation et au cadre réglementaire, l’IDATE DigiWorld propose quatre visions de l’avenir du secteur audiovisuel faisant chacune la part belle à une catégorie différente d’acteurs : éditeurs de chaînes TV, opérateurs du câble ou télécoms, acteurs de l’OTT.

Opérateurs du câble et télécoms au centre d’un scénario de convergence

Offre, technologie et monétisation apparaissent étroitement liées et évoluent selon le type d’acteurs moteurs du scénario. Dans une vision convergente, les opérateurs du câble et télécoms proposent des services “all-you-can-eat” incluant TV linéaire et OTT à la demande, ciblant chaque membre du foyer, et accessibles en multi-écran dans comme en dehors du foyer. Ce scénario repose sur une convergence des technologies de diffusion fixes/mobiles et de streaming. Les revenus de l’abonnement constituent une source importante de financement de même que la publicité ciblée, qui se développe fortement grâce aux données collectées par les opérateurs.

Les acteurs de l’OTT s’imposent dans un scénario de rupture

Dans le scénario de rupture, l’offre est portée par les acteurs de l’OTT et s’articule autour de droits mondiaux premium et de vidéos sociales et virales. L’individualisation de l’offre est poussée à l’extrême, la navigation de chacun orientant les vidéos mises en avant. Le streaming est la règle. On assiste à une virtualisation des équipements et des solutions de distribution dans le cloud. L’utilisation des données personnelles est centrale pour la personnalisation de l’offre et la monétisation des services. La publicité ciblée prend une place importante, en parallèle d’abonnements individuels peu chers et du paiement à l’acte.

La syndication offre aux chaînes TV l’occasion de revenir au centre du jeu

Les chaînes de télévision reprennent le pouvoir dans le scénario de syndication. L’offre se concentre autour de quelques marques TV de référence qui créent des bouquets de contenus audiovisuels mêlant contenu linéaire et à la demande. Le linéaire, financé par la publicité, devient une vitrine du catalogue de contenus à la demande, plus riche et aux fonctionnalités étendues, et en partie payant. Les contenus circulent entre partenaires syndiqués. Ce scénario repose par ailleurs sur l’hybridation des systèmes afin de favoriser le lien entre linéaire et non-linéaire.

Une cohabitation s’installe dans un scénario tendanciel

Dans une vision tendancielle, chacune de ces trois grandes catégories d’acteurs trouve sa place aux côtés des deux autres. Les chaînes linéaires comme les services à la demande cohabitent, de même que les technologies broadcast et de streaming. Les services se concentrent néanmoins. La télévision reste très largement gratuite. Les tarifs des services de télévision payante s’alignent sur ceux des offres OTT.

Quelques points communs

La consommation de TV linéaire diminue dans tous les cas au profit de la consommation à la demande, tandis que l’usage du téléviseur décline en faveur des écrans “compagnons”. Les modes traditionnels de consommation conservent cependant un poids important dans le scénario tendanciel, mais deviennent à l’inverse marginaux dans le scénario de rupture. Le cadre réglementaire nécessite des adaptations : sur la concentration (convergence), l’utilisation des données personnelles (rupture) ou la détention des droits de diffusion (syndication). La réalisation de chacun de ces scénarios devrait se traduire par des évolutions différentes de la valeur totale du marché et de sa répartition entre les maillons de la production, de l’édition et de la distribution. Mais une certitude s’impose : le futur sera dans tous les cas favorable à la production de contenus.

 
Une progression contrastée selon les scénarios…
 
… mais une croissance toujours portée par le non-linéaire