Digital Africa

Les secteurs du numérique constituent un des leviers essentiels de développement pour l’Afrique, en même temps que ce continent représente une formidable opportunité pour la transformation numérique au niveau mondial. Les nouveaux modèles qui émergent revisitent toute la chaîne de valeur, des infrastructures aux usages.

En 2025, l’Afrique abritera près d‘un habitant de la planète sur cinq. Le PIB sera multiplié par 3 en dix ans. Et cette création de richesse sera portée pour une très large part par l’intégration des technologies de l’information dans les différents secteurs de l’économie, y compris les plus traditionnels tels que l’agriculture ou le commerce, mais aussi bien sûr dans des activités nouvelles facilitant l’accès des Africains aux services publics (e-gouvernement) ou financiers (m-paiement).

Une dynamique d’investissement…

Le déploiement des infrastructures se poursuit à marche forcée. L’investissement des opérateurs télécoms sur le continent africain a augmenté de 50 % en quatre ans, passant de 8,8 milliards EUR en 2012 à 13,3 milliards EUR en 2016, auxquels s’ajoutent – pour une part non négligeable – des engagements de fonds publics, essentiellement dans les backbones : en moyenne, pour 6 EUR investis par les acteurs privés, 1 EUR est engagé par les bailleurs publics. Dans les réseaux mobiles, qui concentrent la majeure partie des dépenses des opérateurs, la GSMA anticipe, pour l’Afrique subsaharienne, une augmentation régulière de l’investissement au cours des prochaines années, avec un effort qui représenterait plus de 18 % des revenus.

… qui pousse l’équipement

En matière d’équipement, le continent africain avance très vite également. De 27 % de la population subsaharienne équipée d’un mobile en 2010, la GSMA estime que l’on passera à 50 % en 2020 ; en poursuivant la tendance, on approcherait les 60 % en 2025. Par ailleurs, l’adoption des smartphones explose avec un parc, toujours dans la région subsaharienne, qui passerait de 200 millions à 500 millions entre 2016 et 2020, et aux alentours de 800 millions en 2025 (soit 10 % du total mondial à cet horizon, contre 5 % en 2016). La consommation en données mobiles croît en conséquence : selon Ericsson, le trafic dans la région serait multiplié par plus de 10 entre 2017 et 2023 (contre à peine x8 au niveau mondial) !

Un écosystème en construction

Mais d’autres défis conditionnent la réussite de la transformation numérique en Afrique : accès à l’électricité, inclusion de l’économie informelle… Surtout, les modèles économiques doivent s’adapter aux conditions de marché locales. Les opérateurs multiplient les initiatives qui, associées à une logique de diversification, à une nouvelle dynamique de partenariats et de travail avec des acteurs tiers, préfigurent leur nouvelle place dans l’écosystème numérique. C’est aussi tout un réseau d’incubateurs et de  » jeunes pousses » qui travaille ce terreau et développe les services et applications qui irrigueront demain l’économie locale et régionale, voire mondiale.

 
L’Afrique abritera près d’un Terrien sur 5 en 2025, un sur 4 en 2050
 
Un trafic mobile data qui explose