Réseaux sociaux

Même si l’attrait pour Facebook en tant que plateforme s’érode, le groupe Facebook maintient sa domination, notamment en s’inspirant des fonctionnalités innovantes de ses concurrents. La montée d’Instagram face à la perte de vitesse de Snapchat témoigne de ce phénomène : la concurrence existe-t-elle encore dans l’univers des réseaux sociaux ?

Facebook est-il en danger ?

Est-ce la fin de Facebook ? Les annonces se multiplient alors que le nombre d’utilisateurs actifs quotidiens de la plateforme diminue en Amérique du Nord. Pourtant, cette tendance n’est pas nouvelle, et Facebook s’en préoccupe déjà. Dès 2016, les utilisateurs de Facebook âgés de 12 à 17 ans ont commencé à décroître au profit de plateformes plus innovantes comme Snapchat ou Instagram… qui appartient à Facebook. En outre, l’image de Facebook est dégradée par les débats autour de la confidentialité des données, suscités en particulier par le scandale Cambridge Analytica en 2018.

Initialement un réseau social, Facebook devient un conglomérat de réseaux sociaux

La montée en puissance d’Instagram ne se dément pas : au moment de son rachat par Facebook pour 1 milliard USD en 2012, la plateforme comptait 30 millions d’utilisateurs actifs mensuels et ne générait aucun revenu. Elle en compte désormais 1 milliard et ses revenus publicitaires, en forte croissance, ont dépassé 1 milliard USD dès 2016. Son orientation exclusive vers le contenu visuel est très populaire auprès des millenials et de la génération Z (moins de 25 ans), lassés du catalogue extensif de fonctionnalités de Facebook ainsi que de son adoption par les générations plus anciennes. Le groupe Facebook a donc su mettre en place une stratégie lui permettant de conserver sa base d’utilisateurs grâce à l’intégration d’outils innovants. Cela passe par une veille concurrentielle attentive et une politique d’acquisitions de plateformes émergentes, grâce aux moyens financiers et à l’expertise du groupe. On l’a notamment vu en 2017 quand Facebook a acquis TBH, une plateforme populaire auprès des adolescents, qui n’était en ligne que depuis trois mois mais avait déjà collecté 5 millions d’utilisateurs et vu s’échanger 1 milliard de messages. Par ailleurs, au cours des deux dernières années, Instagram a multiplié avec succès les formats et fonctionnalités trahissant l’influence de Snapchat (stories, masques, diffusions en direct), qui avait d’ailleurs refusé en 2013 une offre de rachat de Facebook.

Son principal adversaire hors Asie n’arrive pas à le concurrencer en termes de monétisation

Depuis, la situation du groupe Snap s’est dégradée, rappelant les déboires de Twitter. Son introduction en Bourse début 2017 n’a pas généré les résultats attendus. Cela va de pair avec de fortes incertitudes dans les orientations stratégiques du groupe, qui peine à maintenir l’intérêt de son public et à monétiser son activité. Les tentatives pour pallier ces difficultés comme les refontes du format de Snapchat ou le lancement des lunettes connectées “Spectacles” ont connu un succès très mitigé. Cependant, les géants des réseaux sociaux tels que le Chinois Tencent, maison mère de WeChat, continuent de témoigner de leur intérêt pour Snap. Dans cette guerre de Titans, il sera d’autant plus ardu pour les acteurs indépendants de créer une place et de s’y maintenir.

 
L'Amérique du Nord reste la principale source de revenus pour les plateformes
 
Snap peine à monétiser sa base d'utilisateurs