Les grands acteurs OTT

Les grands acteurs OTT offrent un large portefeuille de services et affichent des chiffres impressionnants en termes de revenus et de capitalisation boursière. Leurs performances financières sont également excellentes (EBITDA, marge…). Ajouté à leur importante base d’utilisateurs et à leur capacité technologique, cela crée des barrières à l’entrée pour les petits acteurs. Petit à petit s’installe ainsi un paysage concurrentiel oligopolistique sur le marché mondial des services OTT.

Les géants de l’Internet sont dominants sur tous les critères financiers

Le marché des OTT constitue un oligopole dominé dans la plupart des segments (recherche, réseau social, communication, e-commerce, vidéo) par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et les BAT (Baidu, Alibaba, Tencent). Leurs concurrents significatifs sont peu nombreux et concentrés en général sur un seul segment (Netflix, Uber, Airbnb, JD.Com, Expedia), en dehors d’exceptions généralement locales (Yandex et Mail.ru en Russie, Naver et Daum en Corée du Sud, Rakuten au Japon mais présent également à l’international). Les GAFAM/BAT dépassent tous (sauf Baidu) des valorisations boursières de plus de 500 milliards USD, en faisant ainsi les entreprises numériques (et pas juste de l’Internet) les plus cotées au monde.

Il y a également une grande différence en termes de performances financières entre les GAFAM/BAT et les autres acteurs OTT. Le chiffre d’affaires des GAFAM est dans un rapport d’un à plusieurs dizaines comparé à celui des autres acteurs OTT, et celui des BAT témoigne d’une extraordinaire dynamique de croissance (+30 % en moyenne par an ces dernières années). En outre, le ratio EBITDA sur chiffre d’affaires de ces grands acteurs OTT dépasse la plupart du temps les 30 % (à l’exception d’Amazon qui investit largement dans le monde physique), démontrant ainsi une rentabilité très supérieure à celle des autres acteurs OTT.

Des performances qui permettent la diversification externe par les acquisitions

Les GAFAM/BAT ont des niveaux de CapEx relativement faibles. C’est d’ailleurs un des rares points communs entre grands et petits acteurs OTT. À l’exception de Google et de Facebook qui se tournent vers les data centers ou les câbles sous-marins, ils investissent en général moins de 10 % de leurs revenus dans les infrastructures (18 % chez les opérateurs télécoms).

Du fait de leurs faibles niveaux de CapEx, les GAFAM/BAT disposent d’importants flux de trésorerie (FCF).  C’est en particulier le cas pour Facebook et pour les BAT, dont le cash-flow représente de l’ordre de 30 % du chiffre d’affaires. Cette trésorerie permet aux grands acteurs OTT de réaliser chaque année des dizaines d’acquisitions et ainsi de renforcer leurs activités de cœur de métier, consolidant leur position oligopolistique. La mainmise sur des start-up, comme sur des sociétés déjà établies, leur permet aussi des incursions plus rapides dans des secteurs nouveaux, y compris les secteurs non numériques. À titre d’exemple, Amazon a dépensé 13,7 milliards USD pour l’acquisition de Whole Foods Market, et a ouvert la voie à l’acquisition de commerces physiques qui s’ajoutent à ses propres magasins Amazon.

 
Les acteurs chinois se rapprochent progressivement des acteurs nord-américains en termes de valorisation boursière
Source: IDATE DigiWorld, based on data from ycharts.com, January 2018
 
Des niveaux de marge impressionnants chez la plupart des grands acteurs OTT
Note: data based on 2016 Q4 – 2017 Q3
Source: IDATE DigiWorld based of annual reports