OTT vidéo

Rencontrant un engouement sans précédent, la vidéo en ligne rebat les cartes et génère des mouvements de grande ampleur chez les acteurs de l’édition et de la distribution TV, premiers menacés par la désintermédiation. Si le secteur de la production en sort globalement renforcé, la question de sa diversité risque néanmoins de se poser.

Le marché audiovisuel poursuit sa mutation à marche forcée, obligeant les acteurs historiques à s’adapter rapidement aux nouvelles réalités. Il est désormais tout aussi évident de dire que la consommation de télévision linéaire va continuer de céder du terrain à la consommation à la demande, que de constater que le contenu audiovisuel sous toutes ses formes demeure extrêmement populaire auprès du public et attise les convoitises de groupes de plus en plus nombreux et divers.

Le poids croissant de la consommation OTT dans les revenus audiovisuels

La pénétration rapide de l’accès Internet haut débit (fixe comme mobile), des écrans de consommation adaptés et des boîtiers de streaming se traduit par des taux de croissance à deux chiffres des revenus issus de la consommation vidéo en OTT. Depuis 2013, le marché a ainsi progressé de 36,9 % en moyenne annuelle et devrait encore croître au rythme moyen de 20,5 % par an d’ici à 2021, dans un marché audiovisuel total dont la croissance annuelle moyenne devrait s’établir à 4,2 %. À cette date, la vidéo OTT devrait représenter 18 % du marché audiovisuel total, contre 10 % en 2017. Les recettes publicitaires et les revenus des services par abonnement constituent à la fois l’essentiel du marché et les principaux moteurs de la croissance du secteur. En 2021, la publicité devrait peser près des deux tiers du chiffre d’affaires de l’OTT et la SVOD près du quart.

Une course à l’intégration en amont de la chaîne de valeur et à la consolidation

Au-delà du poids économique de ce marché, son développement produit des effets majeurs et rapides sur l’ensemble du secteur audiovisuel, obligeant l’industrie traditionnelle non seulement à intégrer l’OTT et la consommation à la demande comme une composante à part entière de son offre, mais aussi à mettre en place des stratégies de consolidation à l’échelle nationale ou pan-régionale. Les éditeurs TV cherchent à intégrer la production dans leur périmètre et développent les collaborations internationales. Les groupes télécoms s’interrogent de plus en plus fréquemment sur l’opportunité de racheter des groupes médias. La valeur remontant vers l’amont de la chaîne, la production apparaît comme la grande gagnante de cette nouvelle course à la consolidation, Cependant l’internationalisation des acteurs et de la consommation fait peser une menace nouvelle sur ce secteur : celle de l’uniformisation des goûts, qui pourrait profiter à l’industrie nord-américaine au détriment de la diversité culturelle défendue par l’Europe.

 
Une croissance soutenue de la publicité et de l’abonnement
 
L’OTT pourrait rapidement s’imposer sur certains marchés