Musique

Après 15 années de recul à l’issue desquelles le marché global accuse une perte de 40 % de sa valeur, l’industrie musicale confirme son retour à la croissance grâce au développement des offres de streaming. Les recettes numériques représentent maintenant plus de la moitié du chiffre d’affaires du secteur.

L’industrie musicale, précurseur de la transition vers un modèle d’accès

Premier secteur culturel frappé par la numérisation, l’industrie musicale est devenue en 15 ans l’emblème des nouvelles habitudes de consommation. Désormais, la détention d’un bien culturel – physique ou numérique – n’est plus la règle. Le modèle de l’accès s’est entre-temps imposé. Les ventes physiques continuent de plonger, en valeur comme en volume, malgré le renouveau du vinyle sur tous les marchés occidentaux. Il ne faut cependant pas y voir uniquement un signe du déclin du physique face au numérique, mais bien une mutation des pratiques culturelles. En effet, le téléchargement de titres comme d’albums recule également depuis 2015 à l’échelle mondiale.

Le streaming porte la croissance à lui seul

Le succès des plateformes de streaming suffit néanmoins à insuffler une nouvelle dynamique positive, avec un taux de croissance proche de 60 % en moyenne annuelle depuis 2014, et laisse espérer que la crise de l’industrie musicale appartient désormais au passé. Les professionnels voient dans les évolutions actuelles deux signes encourageants : tout d’abord l’intérêt toujours élevé des consommateurs pour la musique, et surtout leur capacité à payer pour continuer d’accéder à une offre musicale.

Une concurrence accrue qui stimule les usages

Alors que le Suédois Spotify, lancé en 2006, semblait avoir pris suffisamment d’avance sur celui qui, en 2015 encore, semblait être son principal rival – le Français Deezer – pour s’imposer définitivement sur le marché, l’offre s’est depuis considérablement enrichie, et les arrivées successives des Américains Google, Apple et Amazon, pour ne citer que les plus gros, ont considérablement rebattu les cartes. Si Spotify fait toujours la course en tête avec 70 millions d’abonnés payants début 2018, Apple Music affichait déjà 38 millions d’abonnés en mars 2018, soit deux ans et demi après son lancement, et Amazon annonçait plusieurs dizaines de millions d’abonnés actifs à la même époque, après seulement un an d’existence. Deezer serait quant à lui toujours en dessous de la barre des 10 millions d’abonnés payants.

Un classement remis en cause par la reconnaissance vocale ?

Les perspectives de croissance du streaming demeurent très largement positives pour les prochaines années, mais deux inconnues demeurent : d’une part, la capacité à convertir le temps passé sur les sites de streaming vidéo en revenus pour l’industrie musicale ; d’autre part, la façon dont les systèmes de reconnaissance vocale, en particulier d’Amazon (Alexa) et de Google (Google Home), favoriseront la consommation des services de streaming associés. Spotify pourrait dans ce cas se trouver rapidement rattrapé par ses concurrents nord-américains.

 
Une industrie majoritairement numérisée
 
Une croissance des abonnés tirée par la concurrence