Livre numérique

Contrairement aux autres industries de contenu, le livre résiste à la pression du numérique. Si les taux de croissance restent faibles (+1,3 %), les revenus continuent de progresser. Après une percée du livre numérique dans la première moitié des années 2010, l’engouement est retombé, notamment dans les pays précurseurs.

Si les éditeurs ont multiplié les efforts pour proposer une part croissante des nouveaux ouvrages en version numérique, le public n’a, dans sa grande majorité, pas encore renoncé à la lecture sur support papier. Parmi les raisons possibles, on peut notamment évoquer la question du support de lecture numérique, les tarifs pratiqués et l’absence d’un Spotify ou d’un Netflix du livre.

Une pénétration trop faible des supports de lecture

En termes de support, les tablettes, après un essor rapide, voient leurs ventes diminuer depuis 2014 (141,7 millions de tablettes vendues dans le monde en 2017 contre 230,1 millions en 2014). Les liseuses, plus adaptées à une lecture longue mais généralement mono-usage, peinent par ailleurs à séduire les acheteurs. Il est toutefois à souligner la performance d’Amazon en 2017 avec ses tablettes Fire, dont les ventes ont progressé de 38 %, se classant en 2e position derrière Apple, ce qui pourrait permettre au géant du commerce électronique de pousser ses offres d’achat et d’abonnement de livres numériques.

Une offre inadaptée

Outre l’insuffisante pénétration de terminaux adaptés, les prix à l’achat des livres numériques apparaissent souvent peu compétitifs aux yeux des acheteurs en comparaison de leur équivalent papier, offrant ainsi une faible incitation à migrer vers le numérique. Enfin, si des offres d’abonnement existent, peu se sont développées à l’échelle internationale, à l’exception de l’offre Kindle Unlimited d’Amazon, et la plupart imposent des restrictions de lecture (notamment un nombre limité de livres accessibles par mois).

La distribution traditionnelle, principale victime du numérique

Le principal impact du numérique concerne finalement les circuits de distribution. La vente en ligne de livres papier est ainsi en forte croissance, au détriment des circuits physiques traditionnels, librairies, grandes surfaces spécialisées ou grandes surfaces alimentaires.

Une numérisation hétérogène

La numérisation de la lecture se développe cependant de façon très hétérogène à travers la planète. La Chine s’impose désormais comme le pays où le taux de dématérialisation est le plus élevé (de l’ordre de 30 % des recettes viennent du numérique). À l’inverse, des pays comme l’Espagne restent très en retrait (4 % de taux de dématérialisation). Les États-Unis ou le Royaume-Uni ont vu quant à eux la part du numérique reculer entre 2014 et 2017, passant d’environ 20 % à 14 %, du fait à la fois d’une baisse des ventes numériques et d’une progression des ventes physiques.

 
Une numérisation lente de la lecture
 
Une numérisation de la lecture inégale d'un pays à l'autre