Numérique au Moyen-Orient

Le temps de la transition

par Jacques BAJON

L’après pétrole est déjà anticipé dans les pays du Golfe qui misent de plus en plus sur les investissements dans les sociétés technologiques ainsi que dans les plans de transformation numérique nationaux pour assurer leur avenir.

Un marché tiré par les services Internet

La numérisation des services est menée par les consommateurs des pays du Golfe, grâce à de forts niveaux de connectivité mobile et un usage important des services comme les réseaux sociaux. Les autres pays de la région restent en retrait, tout comme le niveau de transition des administrations et des entreprises. Néanmoins, la santé, le commerce, les administrations publiques ou la banque sont des secteurs prioritaires pour la numérisation des métiers et des services.

La part des télécoms va rester centrale dans le marché mais perdre en valeur relative, passant de 75 % des revenus totaux en 2018 à 70 % en 2023. La stagnation des services télécoms, et plus conjoncturellement des contenus numériques (impactés par la crise du marché publicitaire de ces dernières années, en lien avec la baisse des prix du pétrole), sera compensée par la dynamique des services Internet.

La domination des services de télécommunications va s'éroder au Moyen-orient

Évolution des marchés numériques au Moyen-Orient, par segment

Source : IDATE DigiWorld

Des leaders régionaux dans les médias et les télécoms

Les secteurs des médias et des télécoms restent très concentrés avec des poids lourds du Golfe dominant la zone. Etisalat basé aux Émirats arabes unis, Ooredoo au Qatar, STC en Arabie saoudite, ont de plus créé des filiales dans la région, en Afrique ou en Asie Mineure. Dans l’audiovisuel, Al Jazeera et BeIN (Qatar), MBC (EAU), gardent une dimension régionale, voire internationale.

Les services Internet restent dominés par les leaders mondiaux, en particulier les plateformes sociales américaines (Facebook, YouTube, Instagram…). Dans le segment de l’IT, les leaders développent depuis peu leur présence dans la région, avec l’ouverture des data centers de Oracle (Abu Dhabi), Alibaba Group (Dubai) et Microsoft (Dubai et Abu Dhabi) ou le lancement d’Amazon Web Services au Bahreïn.

Les fonds souverains, acteurs majeurs de la diversification des économies vers le numérique

Les principaux fonds souverains du Moyen-Orient

Source : IDATE DigiWorld, Al Arabiya, based on Sovereign Wealth Fund Institute

Une diversification des fonds souverains vers les technologies du futur

Depuis quelques années, les fonds souverains se diversifient en s’orientant vers les nouvelles technologies. Ils investissent dans des entreprises ou dans des fonds de capital-investissement spécialisés qui prennent ensuite des participations dans des sociétés technologiques.

En particulier, les fonds souverains Mubadala (Abu Dhabi) ou PIF (Public Investment Fund, Arabie Saoudite) accordent un intérêt croissant à l’intelligence artificielle, aux biotechnologies ou à la FinTech. Par exemple, le PIF et Mubadala ont respectivement investi 45 et 15 milliards USD, aux côtés du Japonais SoftBank, pour lancer Vision Fund, le plus grand fonds technologique au monde (100 milliards USD). Mubadala a par ailleurs créé un fonds de 400 millions USD pour investir dans les sociétés technologiques européennes.

Un record de 564 opérations d'investissements en 2019

Classement des pays selon leur part dans le nombre d'opérations d'investissement dans des start-up soutenues par des entreprises, réalisées en 2019 en Afrique du Nord/Moyen-Orient

Source : IDATE DigiWorld based on MAGNiTT

Plans nationaux de transformation numérique et développement des start-up

Afin de réduire la dépendance aux revenus des hydrocarbures et redynamiser les économies locales, des plans numériques ont été intégrés dans les plans stratégiques nationaux. Ainsi, le programme saoudien “Vision 2030” intègre un ambitieux projet d’e-gouvernement. On peut également citer le projet pharaonique de ville du futur, NEOM, qui se présente comme une zone “internationale” basée en Arabie saoudite et débordant légèrement sur la Jordanie et l’Égypte, pour un investissement de 500 milliards USD. Autre exemple, “Digital UAE” intègre les projets smart city d’Abu Dhabi et Dubai, un programme 5G volontariste. En partenariat avec SoftBank et Microsoft, le fonds Mubadala est également à l’origine du projet Hub 71 à Abu Dhabi, un incubateur de start-up. L’EAU reste en effet le terrain privilégié des jeunes pousses où la FinTech, l’e-commerce et les transports dominent. Au Moyen-Orient, les financements ont dépassé 700 milliards USD en 2019 (pour plus de 500 start-up), en progression de 12 % sur un an.

Pour accéder à l'intégralité des contenus,

merci de vous identifier ou de créer votre compte.

Se connecter

Votre accès vous donne droit à la version en ligne pour un accès à la totalité des contenus interactifs (chiffres clés, infographies, points de vues d’experts) disponibles sur tous vos supports : tablette, ordinateur, smartphone.

S'inscrire

Mot de passe oublié

Vous avez oublié votre mot de passe ?

Indiquez votre email pour recevoir le lien de réinitialisation.