Véhicules autonomes

De forts enjeux socio-économiques

par Nicolas BEC

Le marché des véhicules autonomes sera un vecteur important de la transformation du secteur automobile au niveau mondial. Les technologies LTE-V2X et 5G seront déterminantes à cet égard. L’horizon d’émergence des véhicules totalement autonomes a cependant été récemment repoussé, pour des raisons de maturité technologique.

Un marché à fort potentiel qui doit relever de nombreux défis

La marche vers l’autonomie complète des véhicules est en cours, mais aucune réelle adoption n’est prévue sur ce marché avant 2030. De nombreux tests restent encore à faire en conditions réelles. La cybersécurité, la capacité à gérer des conditions routières diverses, la réglementation, l’acceptation du public, le coût ou encore l’engagement de la responsabilité des constructeurs au-delà du niveau 3 d’autonomie, sont autant de freins supplémentaires à leur émergence.

L’IDATE DigiWorld estime qu’en 2040, les ventes de véhicules autonomes de niveaux 3 et 5 devraient atteindre respectivement 55 millions et 170 millions d’unités.

Une adoption tardive des véhicules autonomes de catégories 4 et 5

Évolution des ventes de véhicules par niveau d’autonomie

Source : IDATE DigiWorld in "Autonomous vehicles"

Un marché fortement concurrentiel dominé par les acteurs historiques

De nombreux acteurs sont impliqués dans le développement des véhicules autonomes. Ils cherchent à se coordonner pour plus d’efficacité.

À ce jour, les constructeurs automobiles (notamment premium) sont les mieux positionnés pour développer cette innovation, perçue comme l’évolution naturelle de leur cœur de métier. Les équipementiers se concentrent eux sur la conception des briques de solutions technologiques.

D’autres acteurs, comme les opérateurs télécoms, les constructeurs de puces électroniques ou encore les sociétés informatiques, voient également un intérêt à se positionner sur ce marché. Ils disposent tous d’expertises spécifiques indispensables à l’émergence du véhicule autonome, qui constitue un véritable relais de croissance pour leurs activités.

Finalement, des acteurs de l’Internet, ou opérateurs de services VTC, se concentrent sur la fourniture de service Mobility-as-a-Service (MaaS).

Un secteur dominé par les constructeurs automobiles

Principaux acteurs mondiaux du véhicule autonome

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Source : IDATE DigiWorld in "Autonomous vehicles"

Une adoption contrainte par des problématiques d’acceptabilité

Le véhicule autonome a vocation à optimiser la mobilité. Il devra donc prouver sa capacité à décongestionner le trafic, à être plus sûr et moins énergivore, avant d’être adopté.

L’association 5GAA travaille en ce sens à l’élaboration de solutions économiquement viables pour la mise en place des infrastructures nécessaires. À l’heure actuelle, l’écosystème semble s’orienter vers un modèle d’économie du partage plutôt que sur un modèle de véhicules personnels. Pour ces raisons, plusieurs industriels, tel que PSA, ont décidé de se retirer du segment B2C.

L’acceptation mitigée par les utilisateurs s’explique, notamment, par un déficit de confiance à l’égard de cette nouvelle technologie. Les constructeurs ont donc opté pour une intégration progressive de ces technologies afin de démontrer leur utilité, dans les véhicules de luxe notamment.

Un niveau d'acceptation du véhicule autonome très variable

Niveau d'acceptation des véhicules autonomes par les consommateurs, par pays

Source : KPMG in "Autonomous vehicles readiness index", 2019

Le véhicule connecté

Le véhicule connecté, pour sa part, jouit déjà d’une forte traction économique. Auparavant consacrés aux gammes supérieures, les services connectés (infodivertissement, télématique…) sont de plus en plus adoptés par les équipementiers automobiles.

Cela est notamment dû au fait que, du point de vue réglementaire (eCall sur le sol européen), la connectivité est devenue obligatoire pour les véhicules les plus récents. Les modèles d’affaires évoluent aussi.

Les constructeurs poussent ces services connectés dans le parcours d’achat, en les proposant à l’essai pendant une certaine période. La traction est aussi due à la croissance du marché des automobiles électriques, connectées par défaut (mise à jour de la carte des points de recharge).

Le parc mondial de véhicules connectés (avec module embarqué) sur les routes devrait atteindre 612 millions d’ici 2025. La zone Asie/Pacifique sera en tête (et de loin) avec plus de la moitié de ce total.

Environ 500 millions de véhicules connectés sur les routes en 2023

Évolution du parc mondial de véhicules connectés par région

Source : IDATE DigiWorld in "Connected cars"

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