Contenus sportifs

Le sport, dernier bastion de la télévision linéaire

par Florence LE BORGNE

Une minorité de sports profitent de la concurrence entre diffuseurs et voient leurs droits de diffusion TV en forte augmentation. Peu adapté à une diffusion en OTT à grande échelle, le sport ne migre que lentement vers des services en ligne, d’abord développés par les chaînes malgré quelques tentatives des acteurs Internet majeurs. Une stratégie B2C en OTT est esquissée par quelques ligues sportives puissantes.

Les droits sportifs, grands gagnants de la course aux contenus

Le marché des droits sportifs est estimé à plus de 44 milliards EUR par an à l’échelle mondiale. Il est l’un des grands gagnants de la concurrence qui oppose les chaînes TV, les opérateurs télécoms et les plateformes OTT dans l’accès aux contenus premium. Il apparaît cependant extrêmement concentré. Seul un petit nombre de compétitions ou d’événements sportifs étant en mesure d’attirer un public nombreux, l’essentiel des droits sportifs est capté par les principales ligues sportives américaines, les principaux championnats nationaux de football en Europe et les compétitions internationales de football (mondiale et européenne). Cette course aux contenus premium se traduit par des augmentations parfois spectaculaires des droits – TV ou OTT – payés par les diffuseurs : +180 % pour la dernière renégociation des droits de la NBA, +72 % pour ceux de la Bundesliga en Allemagne par exemple.

Une minorité de sports captent la majorité des droits TV

Montants des droits TV annuels des principaux événements sportifs et progression par rapport aux contrats précédents

Source : IDATE DigiWorld in "Sport content: funding in the age of OTT"

Des diffuseurs traditionnels en perte de vitesse

Le sport a soutenu de longue date le développement de chaînes premium à très forte notoriété, telles que Sky au Royaume-Uni, Canal+ en France ou ESPN aux États-Unis. Après avoir dû affronter la concurrence de nouvelles chaînes de sport, au positionnement plus low-cost, apparues plus récemment (comme BeIN Sports), ces chaînes historiques font désormais face à celles de certains acteurs OTT, qui multiplient les incursions sur le terrain des droits sportifs depuis 2015. Amazon a ainsi remporté des droits pour la diffusion de matchs de football au Royaume-Uni et en Allemagne, tandis que Facebook tente de son côté de renforcer sa présence en Asie grâce à l’acquisition de droits sportifs (dont ceux de La Liga) à destination de la zone. Un nouvel entrant, DAZN, plateforme OTT multisport internationale lancée en août 2016, est désormais présent sur neuf territoires.

Une baisse tendancielle des abonnés aux principales chaînes de sport

Évolution du nombre d’abonnés aux principales chaînes TV sportives aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France

Source : IDATE DigiWorld in "Sport content: funding in the age of OTT"

Vers une stratégie B2C des détenteurs de droits ?

Bien que toujours populaire, le sport semble moins fédérateur en télévision qu’avant : les audiences des événements majeurs commencent à fléchir (Super Bowl, JO) tandis que les abonnés aux principales chaînes de sport sont en baisse. Déjà au Royaume-Uni, la dernière renégociation des droits TV de la Premier League a conduit à une baisse de 10 %. Si une partie de l’audience se retrouve sur les services OTT des chaînes (ESPN+, Sky Sports Pass), les ligues et fédérations sportives majeures pourraient néanmoins être tentées de distribuer directement leurs matchs ou compétitions via leurs propres plateformes OTT afin de toucher un public nouveau (plus jeune, plus international) et de limiter leur dépendance aux droits TV. C’est déjà la voie choisie par les ligues américaines et par la Serie A en Italie, tandis que La Liga espagnole et l’UEFA ont posé les premières briques de cette stratégie.

L'OTT, une opportunité pour les sports secondaires ?

Avantages et inconvénients d'une distribution en OTT pour les détenteurs de droits sportifs

schema
Source : IDATE DigiWorld in "Sport content: funding in the age of OTT"

DAZN, le Netflix du sport ?

Lancé en août 2016 sur les marchés germanophones et au Japon, DAZN a depuis étendu sa présence à cinq autres marchés (le Canada, les États-Unis, l’Italie, l’Espagne et le Brésil) et a pour ambition de passer à vingt pays en 2022. Pour réussir ce pari, DAZN devra faire la preuve de sa capacité à :

  • Augmenter très rapidement sa base d’abonnés pour amortir ses coûts de contenus, via une distribution OTT en direct et via des partenariats avec les distributeurs.
  • Assumer des pertes financières récurrentes au cours des prochaines années.
  • Réussir son pari de la révolution de l’usage des programmes de sports : le « binge watching » du sport.
  • Monter progressivement en gamme vers l’exclusivité premium, à l’instar de Netflix, gage de gains et de stabilité de la base d’abonnés dans le temps.
  • Répondre à la contrainte technique de la diffusion vidéo OTT live à grande échelle sur Internet.
  • Composer avec les géants de l’Internet, qui pourraient bousculer le marché comme en vidéo et en musique.

Une présence encore limitée de DAZN, mais un déploiement sur tous les continents

Présence de DAZN dans le monde à fin 2019

schema
Source : IDATE DigiWorld in "DAZN, the Netflix of sport?"

Pour accéder à l'intégralité des contenus,

merci de vous identifier ou de créer votre compte.

Se connecter

Votre accès vous donne droit à la version en ligne pour un accès à la totalité des contenus interactifs (chiffres clés, infographies, points de vues d’experts) disponibles sur tous vos supports : tablette, ordinateur, smartphone.

S'inscrire

Mot de passe oublié

Vous avez oublié votre mot de passe ?

Indiquez votre email pour recevoir le lien de réinitialisation.