La bataille du spectre

À l’aune d’une nouvelle ère d’ultra-connectivité, l’accès à des fréquences spectrales harmonisées est un enjeu décisif. La bande intermédiaire 3,4-3,8 GHz devrait accueillir les premiers services 5G en Europe d’ici à 2020. La bande 26 GHz bénéficie d’un soutien européen et mondial, à l’exception des États-Unis et de la Corée du Sud.

Toutes les fréquences devraient être concernées par la 5G

La course au Gigabit se traduit dans la téléphonie mobile par la nécessité de disposer de plus de spectre dédié et varié. En 2015, la CMR-15 a tranché sur les modifications à apporter aux affectations de spectre à l’échelle internationale. Elle a attribué au mobile des fréquences dans trois bandes principales : dans la bande L (1 427-1 518 MHz), dans la partie inférieure de la bande C (3,4-3,6 GHz) ainsi que dans la bande 700 MHz (694-790 MHz) en Europe. Devant les difficultés à faire émerger un consensus pour les fréquences en deçà de 6 GHz destinées à la 5G, la CMR-15 a proposé l’étude de plusieurs bandes de fréquences très hautes (24-86 GHz), à valider à l’occasion de la CMR-19. Plus de deux ans après la CMR-15, les débats sont encore nourris et les ambitions régionales clairement affichées. Quelques certitudes se dessinent : la 5G devrait combiner l’utilisation de plusieurs bandes de spectre, basses au-dessous de 1 GHz pour satisfaire des besoins de couverture, moyennes (entre 1 et 6 GHz) pour des besoins de capacité et de couverture très élevées et pour répondre aux vitesses exigées.

Les fréquences intermédiaires en cours d’attribution

Parmi toutes ces fréquences et dans l’attente de la CMR-2019, la bande intermédiaire 3,4-3,8 GHz suscite un fort intérêt à l’échelle mondiale. La modification des conditions d’accès à la bande 3.6 GHz (3 550-3 700 MHz, Citizen Broadband Radio Service ou CBRS), et notamment le partage de spectre mis en œuvre,en a été le premier signe. En Europe, la bande 3,4-3,8 GHz, officiellement désignée “pioneer band” et déjà attribuée en Irlande, est à l’étude, au moins pour les cinq marchés mobiles majeurs. Elle devrait faire l’objet d’enchères au cours de l’année 2018 pour accueillir les premiers services 5G d’ici à 2020. En Asie, les fréquences 3,4-3,8 GHz ont été partiellement réservées pour la 5G, avec toutefois quelques particularités nationales.

Les bandes hautes encore à l’étude

Parmi les bandes hautes, les travaux de préparation de la CMR-19 ont confirmé les perspectives favorables d’une harmonisation globale autour de la bande 26 GHz. Les initiatives alternatives des États-Unis et de la Corée du Sud dans la bande 28 GHz, bande qui ne figure pas à l’ordre du jour de la CMR-19, n’ont pas le soutien européen.

 
Des aménagements possibles à 26 et 28 GHz
 
Consensus mondial autour de la bande 3,4-3,8 GHz