Financement des réseaux

Dans un contexte de pression sur les revenus, les opérateurs de télécommunications doivent maintenir, voire intensifier, leurs investissements pour (re)créer de la valeur autour de nouveaux services. Le dilemme est particulièrement sensible en Europe, où revenus et CapEx ont régulièrement évolué en sens opposé au cours de la dernière décennie.

Un investissement qui croît plus vite que les marchés…

L’investissement des opérateurs télécoms au niveau mondial a dépassé 300 milliards EUR en 2017, en progression de plus de 5 % par an au cours des cinq dernières années, soit sensiblement plus que le rythme de croissance de leurs revenus (aux alentours de 1 % par an en moyenne). Autrement dit, l’effort est de plus en plus lourd pour les opérateurs et les besoins encore conséquents : déploiements THD en cours dans la plupart des régions du monde, émergence de la 5G

Le ratio CapEx/chiffre d’affaires est ainsi passé de 12,5 % en 2010 aux alentours de 17,5 % aujourd’hui en moyenne dans les cinq principaux marchés européens. Dans le même temps, il n’a progressé que d’un peu plus de 1 point aux États-Unis, restant en deçà de la barre des 14 %. Pour autant, le niveau de CapEx, ramené cette fois à la taille des marchés (population) est près du double outre-Atlantique de ce qu’il est en Europe. Cette proportion est à peu près comparable entre l’Europe et les économies avancées d’Asie.

… et crée des tensions pour les opérateurs

Ces comparaisons illustrent bien l’équation difficile dans laquelle se trouvent enfermés un certain nombre d‘opérateurs. Comment concilier le long terme et la promesse d’un investissement créateur de valeur avec le court terme et la réalité d’un effort qui peut se révéler très pesant ?

L’IDATE DigiWorld a calculé qu’en l’état actuel, si l’Union européenne devait ramener son niveau d’investissement par tête à celui des États-Unis, il faudrait plus que doubler la dépense, en injectant au minimum annuellement 50 milliards EUR supplémentaires, Un effort difficilement conciliable avec les moyens de l’industrie localement.

Différentes pistes se dessinent pour aider les acteurs à desserrer l’étau, comme le partage d’infrastructures ou l’externalisation de réseaux. Cela peut passer aussi par des interventions publiques : subventions ou opérations PPP dans des zones réputées non rentables, accès gratuit ou à prix réduit au spectre pour favoriser l’investissement dans les réseaux (renforcement des obligations de couverture)… Autant d’opportunités qui, sans être propres bien sûr à l’Europe, pourraient permettre de contenir la dérive du Vieux Continent en matière d’infrastructures avancées de communications électroniques !

 
Des investissements en croissance plus forte que les revenus des opérateurs télécoms
 
Une dépense par tête très en retrait en Europe